Billet d’humeur, suite à "Solidarité", le dernier éditorial de Caroline Champetier
Par Alain Coiffier
mercredi 18 janvier 2012
Le terme « Solidarité », en tête de votre dernier éditorial, vient sonner fort et juste au-delà des situations qui se sont créées il y a dix ans dans le secteur des laboratoires français. Des situations d’autant moins " jolies " qu’elles ont servi de ferment – entretenues par certains producteurs aux larmes de crocodiles…– au discrédit profond qui pèse aujourd’hui sur nos industries techniques…
Il y a bien sûr plein de raisons au désastre de LTC – certaines pas bonnes à dire – mais toutes seraient inutiles à rappeler puisque le désastre est là. Donc Solidarité, bien sûr, vous avez raison , et je suis en parfait accord aussi avec les témoignages de Didier Dekeyser et de Guy Lainé notamment .
Dans ce climat de crise grave, voire de sauve qui peut, qui a commencé il y a dix ans au moins avec la remise en question – formelle – du support film qui traduisait vos talents et notre cinéma à tous depuis un siècle, je vois aujourd’hui la carte de vœux adressée par Kodak (voir ci-dessous).
Ce que je voudrais souligner, l’ayant vécu moi-même, c’est que ce climat entretenu autour de l’argentique reste malheureusement très perturbant pour tout le monde chez les fournisseurs… On n’ose pas dire – on n’a pas osé dire – on n’ose à peine dire encore aujourd’hui, et puis un jour çà casse…et c’est ce qui se produit maintenant.
Au cours des dix dernières années, je m’étais indigné maintes fois à la Ficam du silence sur ce qui couvait (sur les concurrences peu loyales…) et qui ne pouvait hélas qu’exploser…
Lorsque j’ai engagé, comme beaucoup de mes confrères, un train important d’investissements, de réformes, de formations et d’adaptation dans les structures dont j’avais la responsabilité, pour faire face à ce qui allait donc devenir irrémédiable, si beaucoup m’ont aidé, ils n’étaient pas la majorité car beaucoup se taisaient plutôt, probablement par horreur de " visualiser " ce qui se préparait .
Mais les faits sont parfois têtus, hélas !
Si on avait tous choisi de ne rien faire, peut-être aux 115 de LTC, dont les conditions de départ sont dramatiques, on devrait en ajouter aujourd’hui beaucoup d’autres à perdre brutalement leur emploi sans préavis aucun.
Alors organiser cette reconversion sans qu’elle ne se transforme en débâcle, cela a nécessité, pour beaucoup – je dois le souligner – pas mal d’abnégation, des bilans comptables redoutables à assumer, bref des parcours vraiment difficiles, parce que nous étions peu compris ou contraints de nous taire…
Beaucoup – fort heureusement – nous y sommes parvenus, mais enseigner la duplication numérique – par exemple – à une tireuse de 35 mm en 1998, çà n’était pas simple… surtout pour conserver " bonne presse ", pour être en phase avec vous toutes et tous…, et alors qu’à l’époque, les laboratoires " gagnaient de l’argent ", et que cela se savait, et que cela pouvait masquer complètement l’ouragan qui se préparait…
Je voudrais rappeler – souligner – un climat, un contexte général qui n’a pas aidé… et qui n’est pas terminé...
Et je ne parlerai pas des producteurs et directeurs de production qui ont fait leur " bon-marché " grâce à ce climat…
Une " dédramatisation " de cette bascule numérique, une intégration " globale " de ceux qui sont déjà dans le " virtuel " et de ceux qui resteront " dans les bains " jusqu’au bout, reste majoritairement " à faire ", ce qui est un comble, je crois, quand déjà 70 % des films ne se tournent plus sur pellicule…
Et qu’un jour prochain, la fabrication de ce support qu’on a tellement adoré tous s’arrêtera pour toujours…, non pas bien sûr qu’on l’ait souhaitée, mais parce que les métiers, les moyens techniques, la rentabilité la plus élémentaire, nous feront malheureusement défaut.
Si, aujourd’hui, dans un cabinet ministériel, des non professionnels regardent les images tournées dans LTC et qu’on les met en face d’une " belle " image de cabine de projection numérique, à qui seront attribuées les subventions, croyez-vous ?
Ça ne me fait pas plaisir.
Mélancolie, oui, mais aveuglement…, ça peut coûter cher et ce n’est pas juste Kodak a ensoleillé mes yeux et a donné vie à nos images à tous durant plus d’un siècle, mais là je me sens sinon trahi, du moins abandonné.
Ce voyage qu’on doit tous faire ensemble aujourd’hui – solidarité – je pense qu’on aurait tous souhaité le faire avec nos amis de Rochester et je trouve cela bien dommage de devoir le faire sans eux, ainsi qu’en abandonnant sur le chemin, dans des conditions tragiques, des techniciens qui nous avaient loyalement accompagnés.
Autre chose dont personne ne parle
Lorsque les salles sont équipées d’un projecteur numérique – majoritairement financé par des subventions publiques –, elles démontent immédiatement et sans contrôle leur projecteur 35 mm et pas seulement pour l’espace de la cabine, mais pour économiser le seul montant de la maintenance ! Le résultat est que lorsqu’une salle héberge un festival ou une rétrospective, elle devient le plus souvent incapable de projeter un film dit de répertoire autrement qu’avec un DVD.
Le dernier exemple que j’ai connu : un grand film américain en Scope projeté sur un DVD dans une salle moderne de 500 places.
Evidemment un directeur de Festival ou de rétrospective ne peut financer un DCP qui nécessite un scan ( 20-30 000 euros) pour une ou deux projections…
Combien d’années faudra-t-il pour régler ce problème ? Au moins dix ans…, pour les films importants. Pour les autres…, jamais, vraisemblablement !
Ce n’est définitivement pas simple.
Alain Coiffier
Cinema: Technicolor reprend Quinta, mais pas LTC
L'Expansion.com avec AFP - publié le 20/01/2012 à 18:49
Le groupe Technicolor a annoncé qu'il reprennait trois filiales de Quinta industries, le leader de la post-production du cinéma français, en gardant 70% des effectifs. Les films menacés vont donc bien sortir en salle.
Frederic Rose, directeur général de Technicolor
REUTERS/Charles Platiau
Le groupe Technicolor a été choisi par la justice comme repreneur de trois filiales du numéro un de la filière technique du cinéma français, Quinta Industries. Il a néanmoins précisé que ces actifs de post-production n'incluaient pas le laboratoire LTC. Quinta Industries avait été mis en liquidation judiciaire en décembre par le Tribunal de Commerce de Nanterre.
Technicolor a "suffisamment de cash" pour financer cette acquisition qui "n'aura pas d'impact négatif sur les résultats 2012". "Les activités (post-production) de Quinta devraient génèrer un Ebitda (excédent brut d'exploitation) positif" dès cette année, a assuré Frédéric Rose, directeur général du groupe, sans préciser le montant de l'opération.
La post-production inclut notamment les effets spéciaux, sonores et visuels, ainsi que le doublage. Le groupe étant un "leader mondial" dans les services numériques pour le cinéma, avec une forte présence en Amérique du nord et en Asie, "cette opération s'inscrit dans une stratégie d'expansion géographique" visant à renforcer la couverture européenne de cette activité, notamment en France, a précisé M. Rose, lors d'un point presse téléphonique.
70% des effectifs conservés
Les filiales de Quinta reprises par Technicolor seront intégrées à l'activité divertissement du groupe français de technologie qui va par ailleurs installer "six nouveaux studios de doublage" à Saint-Cloud (Haut-de-Seine), a précisé à l'AFP Michel Vaquin, président de TESF (filiale divertissement de Technicolor). Les trois filiales de Quinta reprises sont ADJ (Auditoriums de Joinville), ScanLab (conversion numérique) et SIS (Société Industrielle de Sonorisation)".
Trente-quatre salariés seront conservés, "soit 70% des effectifs" de ces trois entreprises, a précisé M. Vaquin. Et le groupe va en réembaucher vingt autres issus des autres filiales de Quinta, pour parvenir à "un total de 54 salariés" venant de Quinta. Avant sa liquidation, Technicolor était actionnaire minoritaire (17%) de ce groupe détenu majoritairement par le financier franco-tunisien Tarak Ben Ammar (83%).
Outre les trois activités reprises par Technicolor, le stock de films de patrimoine, qui représente quelque 20.000 bobines de films conservées jusqu'ici par le laboratoire LTC (115 salariés), pourrait être repris par Capital Vision, spécialiste de l'archivage de contenus audiovisuels, selon une source proche du dossier.
La mise en liquidation de Quinta Industries avait mis en ébullition le cinéma français, en menaçant la sortie prévue en 2012 d'une soixantaine de films, dont des blockbusters très attendus comme le troisième épisode de la "Vérité si je mens" et le quatrième d'"Astérix". Mais l'ensemble des productions en cours de traitement, ou détenues par le groupe, est désormais "techniquement sécurisé", a assuré la Fédération des industries techniques du cinéma (Ficam).
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22 janvier 2012
«The Artist» de nouveau récompensé aux Etats-Unis
Primé samedi par le syndicat des producteurs américains, le film français se rapproche de plus en plus des Oscars.

Les acteurs Jean Dujardin et Bérénice Bejo dans une scène du film «The Artist». - © AFP photo AFP
Décidément, si The Artist n'obtient pas un gros quelque chose à la prochaine cérémonie des Oscars, ce sera limite un désaveu. Car la moisson de prix et des nominations se poursuit pour le film. Samedi soir, c'est le producteur français Thomas Langmann qui a reçu samedi soir à Los Angeles le prix du Syndicat des Producteurs Américains (PGA), pour le film The Artist, a annoncé dimanche sa société La Petite Reine.
«Le prix Darryl F. Zanuck est le prix le plus important aux Etats-Unis récompensant un producteur», souligne la société de production française. Et surtout, ces quatre dernières années, rappelle le Los Angeles Times, les oscars ont systématiquement récompensé le film primé par le syndicat des producteurs.
«The Artist» et Thomas Langmann, patron de La Petite Reine, étaient opposés à de grosses pointures – sous leur casquette de producteurs – telles que George Clooney (Les marches du pouvoir), Martin Scorsese (Hugo Cabret), ou Steven Spielberg (Cheval de guerre). Les producteurs de Mes meilleures amies, Millénium, les hommes qui n’aimaient pas les femmes, ou Midnight in Paris étaient également en lice.
The Artist, signé Michel Hazanavicius et qui connaît un succès inattendu aux Etats-Unis, a marqué la 69e cérémonie des Golden Globes le 15 janvier, en remportant trois trophées, notamment celui de la meilleure comédie et du meilleur acteur comique pour Jean Dujardin.
Le film, lettre d'amour à l'âge d'or du cinéma hollywoodien, séduit aussi le public américain avec 9,5 millions de dollars de recettes à ce jour, soit plus d’un million d’entrées, selon Unifrance. Bien que muet et en noir et banc, le numéro de claquettes de Michel Hazanavicius, porté par la performance de Jean Dujardin et Bérénice Béjo, est actuellement distribué sur 216 copies aux Etats-Unis, après avoir pourtant démarré dans une extrême discrétion le 25 novembre sur quatre écrans, a précisé jeudi l’organisme chargé de la promotion du cinéma français à l’étranger.
Autre source de satisfaction, The Artist a bien entamé sa carrière au Royaume-Uni, territoire réputé difficile pour les films français, avec 320.000 entrées depuis sa sortie le 30 décembre – un résultat jugé «exceptionnel» par Unifrance.
Tout aussi exceptionnel est d’ailleurs le nombre de ses nominations au Bafta : le film est en tête des nominations aux «César britanniques» avec douze citations dont meilleurs film, scénario original, musique originale, costumes et bande son.
Après son succès aux Golden Globes, The Artist a gagné ses galons de candidat incontournable aux prochains Oscars, dont les nominations seront annoncées le 24 janvier. La cérémonie se tiendra le 26 février.
(AFP)
NEWS Cinéma
The Artist décroche un nouveau prix aux États-Unis
The Artist ne s'arrête plus !
Le film avec Jean Dujardin a obtenu un nouveau prix à Hollywood, grâce au producteur Thomas Lagmann. Ce dernier a été sacré par le Syndicat des Producteurs Américains (PGA). La grande classe. Décidément, The Artist a du succès aux États-Unis. Samedi soir, le producteur Thomas Langmann a reçu le prix du Syndicat des Producteurs Américains (PGA). "Le prix Darryl F. Zanuck est le prix le plus important aux Etats-Unis récompensant un producteur", assure sa société de production, La Petite reine. Face à The Artist, il y avait pourtant du lourd, puisque des producteurs comme Steven Spielberg, George Clooney ou Martin Scorses étaient présents. Dernièrement, The Artist avait reçu trois prix aux prestigieux Golden Globes (Meilleure bande-originale de film, Meilleure comédie musicale et Meilleur acteur pour Jean Dujardin). Mais ce n'est pas tout, puisque le chien du film, Uggie (un Jack Russel), a remporté un prix lors de la première édition des Colliers d’or d’Hollywood, une compétition réservée aux acteurs... canins. Il a ainsi reçu le prix de Meilleur chien dans un film pour sa prestation dans The Artist. Il était en compétition avec Cosmo (Beginners), Denver (50/50) et Hummer (Young Adult).
Technicolor reprend Quinta Industries
Par Paule Gonzalès du figaro.fr | Publié le 20/01/2012 à 20:36 | Mise à jour le 20/01/2012 à 20:36 | Réactions (0)
DENIS ALLARD/REA/DENIS ALLARD/REA
Trois filiales de postproduction sont intégrées à l’activité divertissement du groupe français.
Il aura fallu la faillite de Quinta Industries pour que Technicolor se renforce sur le marché français des industries techniques du cinéma et «joue désormais un rôle clé auprès des studios français et européens». Le tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine) vient de régler au pas de course la liquidation du groupe jusque-là présidé par Tarak Ben Ammar.
Technicolor, l’un des leaders mondiaux du secteur, avec Deluxe, a été choisi vendredi par la justice pour reprendre trois des cinq sociétés de Quinta Industries que sont Scanlab, les Auditoriums de Joinville et SIS. Duran, le pionnier des effets spéciaux en France, devrait entrer ultérieurement dans le giron de Technicolor - la société ayant été liquidée plus tardivement. Il devient ainsi avec Eclair le principal acteur de la postproduction en France.
4,5 millions d’euros
Pour la reprise de ces actifs, Technicolor met sur la table autour de 800.000 euros, et prévoit, entre la recapitalisation de l’ensemble et les investissements nécessaires, une somme supplémentaire de 3 millions d’euros. En comptant la reprise de Duran, la facture honorée par Technicolor s’élèverait à près de 4,5 millions d’euros. Par ailleurs, le repreneur s’engage à sauver 70% de l’emploi, soit un peu plus d’une cinquantaine de personnes. En revanche, LTC -dont l’activité était le tirage de copies- et ses 115 salariés sont rayés de la carte.
Michel Vaquin, président d’Entertainment Services France, la filiale industries techniques du groupe international, rappelle que «Technicolor lui-même est engagé avec son concurrent Deluxe dans un plan de restructuration mondiale afin de rationaliser une activité que la numérisation des salles a divisé par trois l’année dernière et qui devrait être encore divisée par deux cette année, pour devenir une curiosité après 2013». Une opération qui s’est soldée chez Technicolor par un plan de licenciements de 600 personnes en 2010, mais qui permet à Entertainment Services de gagner de l’argent et de représenter 47% du chiffre d’affaires total (3,5 milliards d’euros). Ce pôle se structure autour des activités de postproduction comme le son, le traitement de l’image et de la couleur mais aussi les effets spéciaux, l’animation 3D, la distribution -c’est-à-dire le formatage et l’encodage des contenus- et, enfin, le doublage.
Les espoirs mis dans la Cité du cinéma
Dans la foulée de la reprise, Michel Vaquin affirme vouloir «lancer en France un studio d’animation comme Technicolor en possède déjà notamment en Angleterre». Mais s’il se félicite «du dynamisme du marché français dont le box-office a crû de 12% lorsqu’au plan mondial la hausse n’était que de 4%», la situation reste critique pour les 180 entreprises du secteur dont le chiffre d’affaires s’élève -télé comprise- à 1,2 milliard d’euros et emploie 12.000 salariés.
Bernard Chaussegros, le président d’Euro Media Group, l’un des premiers prestataires techniques dans l’Hexagone, estime que «la filière supporte des investissements très lourds alors que les clients serrent leurs coûts de production sur la fabrication».
Un projet pharaonique
Tous les yeux sont désormais tournés vers la Cité du cinéma de Luc Besson dont le coût pour les seuls plateaux de tournage s’élèverait à plus de 30 millions d’euros. Dans le capital de ce projet que certains jugent «pharaonique», on retrouve Quinta Communication (25%), Euro Media Group (25%) chargé de l’exploitation, tandis que Luc Besson, via son holding Frontline et EuropaCorp en détient 50%. Pour l’instant, seul un tournage a été annoncé: le prochain film de... Luc Besson qui sera distribué à l’international par Universal. «Deux autres gros tournages français devraient rejoindre nos studios au printemps», promet Christophe Lambert, directeur général d’EuropaCorp.
Le maître du cinéma français espère convaincre les patrons des studios américains de venir tourner chez lui. Il choisirait le temps du Festival de Cannes pour leur faire faire le tour du propriétaire.
La Tribune
Technicolor reprend les activités de post-production de Quinta Industries
Le tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) a retenu ce vendredi l'offre présentée par Technicolor, pour la reprise d'une partie des activités de Quinta Industries. 34 salariés sont repris dans un premier temps.
En liquidation judiciaire depuis le mois de décembre dernier, Quinta Industries parvient à sauver une partie de ses activités. En effet, le tribunal de Nanterre a retenu l'offre de reprise de Technicolor, actionnaire à 17%. Les actifs repris sont les sociétés Les auditorium de Joinville, ScanLab et SIS, spécialisées dans le son et le numérique. Une nouvelle proposition doit par ailleurs être déposée par Technicolor ce vendredi pour Duboi, une quatrième entité du groupe Quinta.
En revanche, la société LTC, spécialisée dans le tirage de copies en argentique n'entre pas dans le périmètre de reprise. Le laboratoire de 115 salariés avait fabriqué les bobines des films "Intouchables" ou "The Artist".
Technicolor prévoit de reprendre dans un premier temps 34 salariés, soit 70% des effectifs des trois sociétés concernées par la reprise, un chiffre qui pourrait être porté à 54 avec des "réembauches" et si l'offre de reprise de Duboi est acceptée par la justice, a précisé à Reuters Michel Vaquin, président de la branche française de Technicolor Entertainment services.
Technicolor, lui-même confronté à des difficultés, n'a pas indiqué les conditions financières de son offre mais affirme néanmoins disposer de suffisamment de trésorerie. Fin 2011, Technicolor a en effet abaissé sa prévision de résultat opérationnel 2011 et décidé une accélération de ses réductions de coûts. Plan qui va se traduire par 600 suppressions d'emplois sur un total de 17.000 dans le groupe. "Technicolor est le leader mondial dans les services à l'industrie du cinéma (...) (mais) on était totalement absent du marché français", a expliqué son directeur général, Frédéric Rose lors d'une conférence téléphonique. "Depuis 18 mois, on cherchait des opportunités de s'implanter."
Activité stratégique dans le cinéma, la post-production regroupe toutes les activités qui suivent le tournage d'un film : montage, effets-visuels, sous-titrages, tirages des copies qui sont ensuite envoyées dans les salles de cinéma. La liquidation de Quinta Industries, détenu par l'homme d'affaires franco-tunisien Tarak Ben Ammar, avait ému l'industrie française du cinéma car elle menaçait alors plusieurs films en cours de post-production, parmi lesquels le troisième opus de "La Vérité si je mens" ou encore le prochain "Astérix". Mais la mobiliation des pouvoirs publics a permis de les sauver.
Activité stratégique dans le cinéma, la post-production regroupe toutes les activités qui suivent le tournage d'un film : montage, effets-visuels, sous-titrages, tirages des copies qui sont ensuite envoyées dans les salles de cinéma. Cette filière technique doit toutefois s'adapter au passage au numérique de la projection des films, qui entraîne le déclin inexorable des copies argentiques. En France, 65% des écrans étaient équipés pour la projection numérique à fin décembre, selon les dernières statistiques du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC).
Technicolor reprend en partie Quinta Industries
(Easybourse.com) Le tribunal de Nanterre a choisi la proposition de reprise de certaines activités de Quinta Industries formulée par Technicolor. Ce vendredi après-midi, la valeur Technicolor signait la plus forte hausse sur le SBF 120.
Dans un communiqué publié ce vendredi, l’entreprise française Technicolor a indiqué qu’elle va reprendre une partie des activités du groupe de post-production Quinta Industries, placé en liquidation judiciaire en décembre dernier. Les conditions financières de cette opération n’ont pas été dévoilées.
Ce vendredi vers 15h40, le titre Technicolor s’élevait de plus de 8%, à 1,56 euro, dans un marché parisien en repli de 0,23%, à 3 321 points. La valeur a toutefois abandonné plus de 63% sur un an.
La reprise porte sur l'essentiel des activités d'ADJ (Auditoriums de Joinville), SIS (Société Industrielle de Sonorisation) et ScanLab (activités de conversion numérique - encodage, VOD et mastering DCP). Technicolor va reprendre 34 employés, soit 70% du nombre d'employés appartenant aux activités faisant l'objet de cette reprise. En parallèle, le groupe a déposé des projets pour la reprise 'des activités et des compétences en postproduction image / couleur / colorisation de la société Duboi ainsi que pour la reprise d'un certain nombre d'actifs des sociétés Quinta Industries, Duran et LTC appartenant au même groupe'.
'Nous sommes fiers d'entrer sur le marché de la postproduction numérique et de la distribution en France, et de mettre nos talents et notre expertise au service de l'industrie française du cinéma. Ces opérations sont parfaitement en ligne avec notre stratégie dans le domaine du Media & Entertainment et vont nous permettre de renforcer encore nos positions de leader mondial', a souligné Frédéric Rose, directeur général de Technicolor.
Ce dernier s’est récemment renforcé dans les services numériques de postproduction aux Etats-Unis, en rachetant le groupe américain LaserPacific et en concluant un accord de franchise exclusif avec PostWorks. Le groupe a aussi ouvert un nouveau studio pour la postproduction audio sur le site de Paramount à Hollywood.
C.L.
Publié le 20 Janvier 2012
Le stock LTC confié à Archive TV
mardi 17 janvier 2012
Le Film français, 16 janvier 2012
Dans le dossier brûlant du stock de films LTC, le tribunal de commerce de Nanterre a communiqué officiellement son choix vendredi 13 janvier.
Parmi les six prétendants à la reprise du stock LTC, dont les poids lourds Eclair et Digimage, le tribunal de commerce de Nanterre a choisi un outsider, la société Archive TV, dirigée par Denis Garcia, spécialiste du stockage cinéma et audiovisuel depuis 20 ans avec sa société Capital Vision. Selon des sources proche du dossier, les juges consulaires auraient voulu éviter une situation de monopole dans le cas où le stock aurait été confié au groupe Eclair.
LTC Patrimoine reprend le flambeau
Holding de plusieurs sociétés spécialisées dans la valorisation des archives, Archive TV va créé une société spécifique pour la gestion du stock baptisée LTC Patrimoine. La société s’est engagée à conserver pendant au moins trois ans les stocks sur le site de Vatry. Une décision rassurante pour les ayants droits qui va permettre d’entammer rapidement un état des lieux des stocks.
François Rolland interlocuteur des ayants droits
Dans un communiqué, Archive TV s’est félicitée de la décision du tribunal "qui va permettre d’assurer (...) la conservation et la préservation des éléments patrimoniaux détenus anciennement par LTC dans ses divers entrepôts, et éviter ainsi toute dispersion dommageable du fonds". L’équipe de LTC Patrimoine, dirigée par François Roland, est en cours de constitution, mais elle invite déjà les titulaires de droits à se faire connaître par email à l’adresse suivante : ltcpatrimoine@archivetv.fr
(Patrick Caradec, Le Film français, 16 janvier 2012)
Technicolor pressenti comme repreneur du groupe Quinta Industries et de son laboratoire LTC
Par Alain Beuve-Méry
mardi 17 janvier 2012
Le Monde, 14 janvier 2012
Le démantèlement du groupe Quinta Industries, placé en liquidation judiciaire en décembre 2011, se précise. C’est la société Technicolor, actionnaire minoritaire (17 %) de ce joyau de la postproduction française – le financier franco-tunisien Tarak Ben Ammar en détient 83 % –, qui devrait reprendre la majeure partie des activités.
Les juges du tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine) doivent se prononcer sur le sort des salariés, ainsi que sur celui des différents actifs du groupe, les films en cours de production, mais aussi les 26 000 bobines archivées qui font partie du patrimoine cinématographique français.
Pour les juges, le dossier est particulièrement délicat à dénouer, en raison de l’enchevêtrement des liens juridiques et techniques entre les différentes filiales du groupe Quinta (le laboratoire de développement de films LTC, Scanlab, SIS, Auditoriums de Joinville, Duran Duboi) et de l’opacité des comptes. A la fin 2010, le groupe aurait enregistré dix millions de pertes pour un chiffre d’affaires d’une quarantaine de millions d’euros.
Jeudi 12 janvier, une décision était attendue pour le choix du repreneur principal. De fait, elle a bien été prise dans le bureau du juge, mais la rédaction définitive du jugement ne sera connue que le 20 janvier.
A priori, parmi les offres de reprise déposées, c’est celle de Technicolor qui a la préférence des juges, pour reprendre les actifs LTC, Scanlab, Duran, Auditorium de Joinville et SIS. Cette offre est considérée comme la plus complète (elle concernerait l’ensemble des filiales) et aussi comme la plus sérieuse, avec notamment un plan d’investissement de près de 3 millions d’euros. Elle est surtout celle qui limite le plus « la casse sociale », en proposant de conserver presque les deux-tiers des salariés au sein des filiales placées en redressement judiciaire, (soit une quarantaine de salariés sur 70).
Stocks de bobines préservés
En ce qui concerne la société Duboi, dont la liquidation n’a été prononcée que jeudi 12 janvier, son sort ne sera définitivement scellé que le 26 janvier, mais, là aussi, la société Technicolor tient logiquement la corde.
Ce sont les salariés de l’industrie de la postproduction cinématographique française qui paient le plus lourd tribut à la déconfiture du groupe Quinta Industries, liée à la révolution numérique. Les 115 salariés du laboratoire LTC, placé en liquidation, ont, eux, très peu d’espoir de retrouver un emploi au sein de la structure.
Du côté des actifs matériels, des solutions ont en revanche été trouvées qui préservent l’intégrité des films détenus par le laboratoire et qui satisfont tous les professionnels du secteur.
En ce qui concerne les stocks de LTC et les 26 000 bobines de films, le juge a retenu, parmi les offres de reprise, celle de Capital Vision, une société spécialisée dans le stockage, l’archivage et la préservation de fonds audiovisuels. Elle possède trois sites à Paris et en proche banlieue parisienne.
Enfin, pour les 61 films en cours de postproduction, « les risques majeurs sont écartés », a déclaré la Fédération des industries du cinéma, de l’audiovisuel et du multimédia (Ficam), dans un communiqué rendu public, jeudi 12 janvier. Tous les films sont techniquement sécurisés et ont été placés sur des disques durs.
« La continuité de certains travaux a même parfois été rendue possible chez Duboi et aux auditoriums SIS par l’engagement des techniciens restés présents », souligne la Ficam.
Il n’y aura pas de défaillance de la part de la filière technique du cinéma, vis-à-vis des producteurs de films et des exploitants de salle.
(Alain Beuve-Méry, Le Monde, 14 janvier 2012)
Sur 20minutes.fr
Kodak est en faillite
Créé le 19/01/2012 à 09h33 -- Mis à jour le 19/01/2012 à 09h38
Kodak a mal négocié le virage de le pellicule au numérique. D.DUPREY/AP/SIPA
ECONOMIE - Le pionnier de la pellicule photographique a raté le virage du numérique...
Eastman Kodak, le pionnier de la pellicule photographique qui a apporté au monde les premières photos de la lune, a déposé son bilan jeudi et annoncé avoir obtenu une ligne de crédit de 950 millions de dollars sur 18 mois de la banque Citigroup.
La société plus que centenaire, basée à Rochester, dans le nord de l'Etat de New York, n'a cessé de décliner depuis qu'elle raté le train du numérique au tournant du millénaire.
Plus de bénéfice depuis 2007
Elle n'a plus enregistré de bénéfice depuis 2007, mais avait tenté ces derniers temps de se restructurer en se diversifiant dans les appareils photo.
«Le conseil d'administration et la totalité de l'équipe de direction estiment que c'est une étape nécessaire et la chose qu'il convient de faire pour l'avenir de Kodak», a déclaré son PDG Antonio M. Perez, dans un communiqué.
Concrètement, Kodak et ses filiales américaines demandent à bénéficier de la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites devant un tribunal de New York. Les filiales étrangères ne sont pas concernées.
Dégraissage
La chute de Kodak a déjà touché la ville de Rochester, dans l'Etat de New York, où le groupe a son siège. A l'époque de sa splendeur, Kodak y employait plus de 60.000 personnes. Aujourd'hui, les salariés ne sont plus que 7.000. Depuis 2003, 13 usines et 130 laboratoires ont été supprimés.
Kodak est conseillé par la banque d'affaires Lazard dans la recherche d'un acquéreur pour ses 1.100 brevets numériques.
La société est également aidée par la firme spécialisée en restructuration FTI Consulting, dont le vice-président Dominic DiNapoli a été nommé directeur de la restructuration de Kodak.
M.B. avec agences
Kodak se place sous le régime du chapitre 11 de la loi des faillites
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 19.01.12 | 07h10 • Mis à jour le 19.01.12 | 08h15
Kodak, pionnier de l'histoire de la photographie et ancien fleuron du capitalisme américain, a déposé son bilan, jeudi 19 janvier, et annoncé avoir obtenu une ligne de crédit de 950 millions de dollars sur 18 mois de la banque Citigroup.
Le groupe américain, qui n'a plus enregistré de bénéfice depuis 2007, avait tenté ces derniers temps de se restructurer en se diversifiant dans les appareils photo. "Le conseil d'administration et la totalité de l'équipe de direction estiment que c'est une étape nécessaire et la chose qu'il convient de faire pour l'avenir de Kodak", a déclaré son PDG, Antonio M. Perez, dans un communiqué.
Concrètement, Kodak et ses filiales américaines demandent à bénéficier de la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites devant un tribunal de New York. Les filiales étrangères ne sont pas concernées.
La chute de Kodak a déjà touché la ville de Rochester, dans l'Etat de New York, où le groupe a son siège. A l'époque de sa splendeur, Kodak y employait plus de 60 000 personnes. Aujourd'hui, les salariés ne sont plus que 7 000. Kodak est conseillé par la banque d'affaires Lazard dans la recherche d'un acquéreur pour ses 1 100 brevets numériques. La société est également aidée par la firme spécialisée en restructuration FTI Consulting, dont le vice-président, Dominic DiNapoli, a été nommé directeur de la restructuration de Kodak.
Depuis 2003, Kodak a fermé 13 usines et 130 laboratoires et supprimé 47 000 postes, rappelle le PDG du groupe cité dans le communiqué. "Maintenant nous devons terminer notre transformation en nous attaquant davantage à notre structure de coûts et en tirant efficacement de l'argent des actifs non stratégiques", déclare-t-il.